Réparer une épave |
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Page publiée le 25 février 2011 et actualisée le ... |
Résurrection d’un ASW22 Une image vaut souvent bien mieux qu’un long discours : Âmes sensibles s’abstenir ! Cette photo fut le résultat de :
La bonne réponse est "autres", en effet, c’est mon cerveau qui m’a joué un vilain tour en 2009… Ce planeur un ASW22 de 5 m « vintage », je l’ai acheté en 2007 encore en kit, le planeur devait avoir déjà bien 15 - 20ans. Il vient très probablement de chez ORFA en Allemagne. Très beau modèle au 1/5 ce qui en fait un planeur très léger, un genre de F3J maquette, 4150g pour 72dm² soit moins de 60g/dm² Que du bonheur ! Tant en pente qu’en plaine par petit temps. C’est donc au cours d’une rencontre de remorquage qu’est arrivé l’incident ! Magnifique journée chaude avec un orage copieux sur les coups de 15h pour 10mn de pluie, et ensuite de nouveau beau temps. Tout le monde sort sa grosse machine pour aller chasser le thermique après l’orage. Je me retrouve parmi les autres planeurs de 5m et plus mis en l’air presto. La meute se faufile sur les traces de l’orage, les conditions sont bonnes et toute la troupe s’éloigne lentement mais sûrement. Pas de problème d’altitude les thermiques sont là. Seul problème, mon planeur est au milieu d’autres de la même taille, mais ces derniers sont pour la plus part au 1/3 alors que le mien est au 1/5 ! Donc quand on est très loin le fuselage se voit beaucoup moins bien ! Tellement moins bien que conscient que c’est TROP loin je tente de revenir, mais sans succès, le planeur malgré mes ordres semble vouloir s’éloigner de plus en plus jusqu’à le perdre de vue. L’angoisse ! Où qu’il est mon planeur ! Perdu corps et âme ! %&#@!!!! Mon planeur préféré ! Petit diagnostic, quand on est très loin, voir si un planeur est en spirale à droite ou à gauche est très difficile, et si on pense tourner dans un sens et que l’on tourne dans l’autre alors le planeur réponds mais en s’éloignant au lieu de se rapprocher ! Une illusion d’optique quoi ! Avec le stress rien à faire pour tenter d’être rationnel et de trouver ce qu’il ne va pas. |
Je suis donc parti penaud à la recherche de l’épave, par chance en juin les céréales ne sont pas encore très hautes et c’est dans un champ de maïs, sur le bord d’une route à 5Km que j’ai retrouvé mon planeur qui me saluait avec son stabilisateur pendant au vent sur la poutre cassé. Gloup ! Des miettes, on ramasse tout, on met dans le coffre et en rentrant à la maison on met sur une étagère, pour un certain temps ! On ne jette rien ! C’est donc en 2010 que la restauration a débuté. Je me suis dit que ce serait une bonne revanche sur mon cerveau que de refaire voler ce planeur, alors on y va ! Le chantier a commencé par le fuselage, tous les morceaux sont remis en place à la cyano en s’assurant que c’est droit. Ensuite le fuselage est renforcé par deux couches de FDV 160g/m² à l’intérieur, ce qui rigidifie la cellule pour pouvoir travailler sur les cassures. Elles sont meulées à la lime électrique par l’extérieur pour former un biseau, ensuite le biseau est comblé par un patchwork de petits carrés de 1cmx2cm collés à l’époxy. Puis ponçage pour remettre la ligne du fuselage. Le fuselage est chez le carrossier pour une couche d’apprêt et mise en peinture. Pour les ailes, toutes les cassures sont remises en place, des trous sont pratiqués sur les fractures et de la colle Polyuréthane est injectée à l’aide d’une seringue avec une grosse aiguille. La colle en séchant avec l’humidité de l’air va se transformer en mouse et combler tous les vides sous le coffrage. Ensuite les cassures sont renforcées par des clefs en CTP, une fente est faite sur l’intrados et la clef est mise en place en force avec de la PU en étant certain d’avoir un contact entre la clef et l’extrados. Pour le longeron, il est mis à nu aux endroits où il a été endommagé, et il est renforcé par de la FDV et du Carbone plus une clef en sandwich basa FDV. Ca ne devrait pas bouger. Puis gros travail concernant le masticage, avec un ponçage copieux. Les ailes ont été entoilées en FDV 50g/m² afin de redonner la rigidité nécessaire au bois de plaquage. Une première bande sur le bord d’attaque, en ayant préalablement placé la bande de FDV avec de la colle en bombe 3M77, puis une pièce extrados et enfin intrados. Le très bon endroit pendant l’hiver pour faire sécher l’époxy c’est les toilettes dans la maison, la pièce est petite, facile à chauffer et il y a une extraction vers l’extérieur, cela dépanne bien ! Les ailes sont également chez le carrossier pour une couche de peinture blanche afin de diminuer les contrastes liés au mastic. Les ailes seront ensuite entoilées au vinyle pour ne pas faire trop lourd. Stéphane R. P.S. Je dédie cette page à tous ceux qui ont perdu un planeur. |
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Ne se séparer après le crash d'aucun morceau |
Une fois les fractures calcifiées cela redonne espoir |
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Tapissez de Roving 110g/m² à l’intérieur et ajouter un couple (ou deux) pour garantir la section initiale |
fuselage prêt pour l’apprêt |
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les dégâts sur la voilure |
les outils... |
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modus operandi |
les clefs sont placées |
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masticage |
Roving extrados posé à la colle contact en bombe |
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extrados stratifiés |
bande FDV sur le bord d'attaque |