La Voltige en Vol de Pente....

  Page publiée le 22 novembre 2018 et actualisée le 26 novembre 2018

 

Nouvelle rubrique ouverte le 22 novembre 2018 pour tenter de réveiller les planeuristes et les inciter - malgré les futures contraintes qui vont nous tomber dessus prochainement - à pratiquer la voltige.

Stéphane me pose une question difficile et je vais donc tenter de lui donner quelques réflexions personnelles sachant que je ne suis pas un expert dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres.

GR

Question ...

En compagnie de François Cahour que tu connais, nous nous passionnons éperdument pour la voltige planeur. Nous partageons nos dernières trouvailles sur son site www.voltige-planeur-rc.net. Ce que je me demande, c'est pourquoi cette pratique (dans laquelle je retrouve des sensations de ski et des skateboard) n'arrive pas à percer auprès d'un plus vaste auditoire. Avec ton expérience, qu'en penses-tu ?

Stéphane  Webmaster de RC-Slopes

 

Stéphane vous propose cette sympathique vidéo tout à fait récente car remontant au 30 octobre 2018 pour tenter de séduire d'autres planeuristes à pratiquer cette discipline qu'il considère comme anormalement délaissée.

 

"Pour vivre heureux, vivons cachés" Pas si sûr ...!

Je comprends que voler seul en montagne et donc en vol de pente on finit tôt où tard par s'ennuyer. Et ça quelles que soient les disciplines pratiquées. Malgré tout certains s'en accommodent et préfèrent la solitude et la tranquillité car dans bien des cas la zone de vol n'est pas propice à l'arrivée de nombreux planeuristes (chemins d'accès, champs privés, etc.). La discrétion est donc préférable.

Le cas particulier de la voltige c'est son espace d'évolution qui oblige à des changements fréquents de niveaux et de trajectoires. Cette évolution dans l'espace aérien rend cette pratique peu compatible - en vols simultanés - avec la cohabitation d'autres planeurs plus paisibles et traditionnels. Le voltigeur doit donc monopoliser la pente durant un certain temps pour éviter les collisions en vol et ne pas inquiéter son voisin qui lui vole à niveau constant ou presque. Cette exigence est propre à la voltige et ce n'est la faute de personne. Lorsque la bonne entente règne sur la pente et que par exemple les voltigeurs - qui sont de bons pilotes - donnent un coup de mains aux débutants, personne ne viendra rechigner lorsque la pente sera occupée par un voltigeur durant quelques épisodes de 5 à 10 mn. Il faut comprendre avec l'évolution des mœurs d'aujourd'hui où l'individualisme prime, que cette entente  ne se décrète pas, il faut parvenir à la créer et surtout l'entretenir. Là est - me semble-t-il,  toute la difficulté. Apprendre à voler ensemble pour ne pas s'isoler et donc s'appauvrir mais s'enrichir mutuellement, un défis qui n'est pas propre à l'aéromodélisme et au vol de pente en particulier - mais d'une façon générale à la vie en société.  

Comment promouvoir la voltige ?

Par la communication, il n'existe aucune autre solution. Et  mon "expérience" dans ce domaine remonte au milieu des années 70, alors que jeune homme j'avais la forte envie de communiquer cette passion. A ce sujet je m'interroge toujours sur ce besoin qui ne m'a jamais lâché toute ma vie. Chacun de nous avons un destin et le mien ce doit être celui-là et je reconnais volontiers que probablement il y avait mieux à faire sur cette terre. Passion qui toutefois m'a beaucoup aidé dans les tâches que j'avais à accomplir lorsque je travaillais dans l'industrie alors que l'on me demandait d'imaginer de nouvelles machines à produire. Je ferme cette parenthèse personnelle pour vous dire que conscient de cette force acquise grace à la pratique de l'aéromodélisme de cette époque, je considérais que certains de nos enfants seraient bien inspirés d'en faire autant pour développer leur créativité sans oublier la réalisation et la mise au point des objets volants sortis de leur tête. Et cette démarche est aujourd'hui complètement délaissée aussi bien par les enseignants et les parents. Les enfants - tout comme nombre d'adultes - passent leur temps à manipuler leur smartphone, c'est devenu une vraie addiction. J'imagine que ce nouvel univers offert par la technique doit leur apporter des rêves et donc du plaisir. Quant à dynamiser le pays pour le sortir de l'ornière j'avoue que j'en doute. Cela dit promouvoir une passion doit s'inscrire dans la durée, un effort éphémère donnera des résultats de même nature.

Les moyens d'aujourd'hui ...

Le web permet cette communication avec une facilité  que je n'avais jamais imaginé durant les années 70 alors que je m'appliquais à rédiger des articles sur un cahier avec papier carbone pour avoir le double de mes écrits. Si je vous dis cela ce n'est pas pour radoter sur le passé mais pour vous dire qu'avec tous les moyens de communication que vous avez à votre disposition aujourd'hui, vous n'avez aucune excuse si vous désirez communiquer. Je ne dis pas cela pour toi Stéphane qui a réalisé ce superbe site RC-Slope entretenu dans la durée de façon exemplaire.

Communiquer c'est s'exposer...

J'avoue que ce fut - en ce qui me concerne - la plus délicate étape à franchir lorsque vous désirez communiquer. J'avais donc imaginé utiliser un pseudonyme pour préserver ma vie privée et donc ma tranquillité. Mais les éditeurs de l'époque m'en ont dissuadé car les images qui accompagnent les textes rendent cette tentative promise à l'échec. Ici on n'est pas dans la littérature comme ce fut le cas pour de nombreux auteurs français comme Romain Garry, Philippe Solers, François Sagan, etc.. Aujourd'hui les auteurs pour promouvoir leur dernier livre sont bien obligés de passer devant les caméras de "La Grande Librairie" - donc de se dévoiler et de ce fait le pseudonyme devient intenable lorsque l'image et le texte doivent cohabiter.

Cette étape est me semble-t-il le principal obstacle qui expliquerait le peu de sites traitant de notre passion commune et l'absence de relève pour le cas que je connais bien les GPR. S'exposer c'est surtout s'exposer à la critique car les encouragements et les remerciements sont rares. Quant à satisfaire son "égo" il y a mieux à faire si vous ressentez ce besoin.  Alors avant de vous lancer dans cette aventure, mieux vaut en connaître les coulisses si vous voulez tenir dans la durée sans affecter votre joie de vivre.

Pour conclure

Comme dans beaucoup d'autres activités humaines, il faut oser - puis bien s'entourer pour faire face aux inévitables déceptions qui ne manqueront pas de venir émailler votre parcours. Ainsi va la vie et donc rien de bien difficile comparé aux difficultés que subissent de trop nombreuses familles tentant de survivre en-dessous du seuil de pauvreté en 2018.

Je terminerai mon propos par trois pensées de Sénèque que j'aime bien :  

  • Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.
  • La déception est bien moins pénible quand on ne s'est point d'avance promis le succès.

Mais il a dit cela aussi...

      Les passions sont aussi mauvais instruments que mauvais guides

Probablement que Sénèque avait - lui aussi - une "passion" : celle de communiquer à ses contemporains sa vision de la vie pour tenter qu'ils ne tombent dans certains écueils.  J'attends avec impatience sa réponse !

GR