Fabrication du fuselage   Page 1/2

 

Le moule parfaitement achevé, c'est l'étape finale qui est décrite ici dans ses grandes lignes : le moulage de la pièce finie, c'est à dire le fuselage tant convoité !

Cirer et encore cirer...

L'opération qui demande le plus d'attention est la dépose de la cire : comme pour le moule, les premières déposes consistent à nourrir le moule en profondeur. On dépose la cire, on lustre dans la foulée au coton à lustrer et on attend 6 heures avant de passer la deuxième couche. Cette opération sera répétée 8 fois. Bâcler cette étape c'est s'exposer à la destruction totale du moule !

Dépose du gel-coat...

Au pistolet en suivant à la lettre les instructions de la fiche technique :

Gel-coat compatible polyester-époxy : 200g +20/% d'acétone + 2% de catalyseur. Dépose au pistolet et laisser polymériser   2 heures à température ambiante (18 à 20°).

Conseil utile : tenir la buse à une distance suffisante permettant ainsi au solvant de s'évaporer et ne pas se mélanger au gel-coat déposé sur le moule (création de défauts).

Deux couches fines sont préférables à une couche épaisse. Un gel-coat qui crique est un gel-coat trop épais. Un gel-coat fin permet les flexions de la pièce finie sans délaminage.

Hygiène ...

Pièce ventillée ou mieux dehors et masque efficace de professionnel et non le jetable papier qui est particulièrement médiocre, dangereux et inutile. Et gants jetables.

Préparation des tissus...

Préalablement, réaliser des patrons en papier pour éviter le gaspillage de tissus et gagner du temps. Marge de 3 cm par rapport à la longueur développée théorique, cet excédant  est utilisé lors de la jonction des coquilles. Découpe des différents tissus et les placer prêts à l'emploi dans l'ordre d'utilisation car dans ce domaine la principale qualité exigée est une organisation sans faille car le temps est compté lors de la stratification.

Pour un fuselage tel que le JP 15-36 Thierry préconise :

  1. 3 couches  de 200gr/m² sergé jusqu'au plan fixe de la dérive
  2. pour la dérive 2 couches en 200 g/m² sergé
  3. avec les chutes du 200g/m² renforcement du fuselage au niveau de l'emplanture des ailes, du train jusqu'au nez. Il est préférable de renforcer le fuselage lors sa réalisation dans le moule plutôt que d'ajouter du plomb !

Dans le cas du JP Thierry a préféré mettre un fourreau de clef d'aile en alu traversant la cellule et maintenu par du mastic polyuréthane. Notez alors que la clef d'aile est obligatoirement droite et que le fourreau dans le cas présent ne reprend aucun effort, d'où la matière choisie : l'aluminium.  Il ne serait pas superflu de prévoir des reprises d'efforts en cas de chocs horizontaux violents (atterrissage brutal) et de disposer des entretoises travaillant en compression dans la zone du bord'd'attaque et du bord de fuite. Bien que ces renforts étaient obligatoires lorsque nous utilisions des clefs d'ailes plates - donc flexibles dans le plan horizontal, ces précautions limiteraient les contraintes sur les clefs d'ailes dans les ailes et sur la cellule.

Nota : pour faciliter la réalisation et l'imprégnation des tissus dans les angles, Thierry utilise du coton microsiné ou appeler floc de coton ou microfibres cellulose.

Mouillage des tissus...

Dépose d'une couche de résine dans le moule et dépose de la première nappe de tissu de verre. Bien mouiller le tissu mais sans excès. La fibre doit devenir translucide. Les zone non développables seront traitées par des coups de ciseaux dans le tissu de façon à faire disparaître la naissance de plis toujours difficiles à faire disparaître.

Finition avant fermeture des moules...

Il est exclu d'utiliser de la  bande de jonction pour assembler les deux parties. La méthode préconisée est celle utilisée par tous les fabricants : il s'agit de laisser déborder le tissu en alternance ( dessus du fuselage et dessous) de 20 mm et ensuite d'araser sur le coté opposé sur chaque coquille : voir croquis ci-après.

Fermeture des moules...

Il est préférable d'avoir un aide pour placer les deux coquilles en vis à vis sans déplacer le tissu qui déborde des moules.

 Fermer le moule selon méthode choisie.

Achever la jonction à l'aide d'un pinceau à rallonge ou bien d'un débullleur.

Laisser polymériser de préférence dans un local chauffé à 20°. Un étuvage aux températures préconisées par la fabricant de résine permet de gagner du temps mais surtout de la solidité.

Le démoulage...

Opération rapide si toutes les recommandations ont été respectées à la lettre.

Utiliser un maillet caoutchouc pour taper sur le moule latéralement au niveau du plan de joint. Cette opération pas toujours nécessaire permet de désolidariser la pièce en cas de difficultés.

Produits utilisés...

Gel-coat polyester blanc , qualité compatible époxy-polyester Ref : 5134 RDH de chez SF Composites Agence Marseille et Montpellier

Résine époxy Ref : 2022 même fournisseur.

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Cirer les deux coquilles : 8 fois et faire briller sans déchirer le film de cire

Dépose du gel-coat au pistolet avec un masque... !

 Après gel-coat laisser polymériser complètement; Il est possible de protéger le plan de joint pour réduire sa trace après jonction

Patrons papier de préparation pour la découpe des différents tissus de verre

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Dépose des premiers tissus de surface

on imprègne bien le tissu jusqu'à ce qu'il devienne translucide

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Fermeture des demi-moules sans pincer le tissu

Jonction des deux parties avec une roulette ou pinceau en extrémité de manche

Finition de la jonction : vérification avec un éclairage d'appoint

Dernier contrôle pourchasser les bulles à la jonction...

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le lendemain démoulage... un grand jour !

la pièce finie : 1350 g brut

le JP 15-36 et son principal acteur : Emile !

Bientôt les ailes ! A suivre...