Variomètre SkyAssistant    

  Page publiée le 27 janvier 2010 et actualisée le 09 février 2012

 

 

Test et utilisation

du SkyAssistant par Rémi  - très détaillé

Sonde

Réaliser une sonde à énergie totale : théorie et réalisation par Rémi

Pitot

Acheter le tube de Pitot

 

Pratiquer le vol en montagne c'est accepter certains risques comme la descente au trou. Cela dit pour que cette pratique reste un plaisir et source de joies, il convient de se familiariser avec ce type de vol. Lors de cet apprentissage et afin de limiter les risques, rien de tel qu'un bon vario à défaut d'un pilote expert à ses cotés.  GR

Pour remonter du trou avec ou sans vario il faut y croire. Oui c'est préférable ! Mais pourquoi ? Parce que - lorsque l'on croit à ce que l'on fait, on le fait bien - et l'on contrôle parfaitement son stress.  GR

 

E-mail de Pascal du 25 janvier 2010 en provenance de Salon de Pce

 

A force de passer du temps sur le site des GPR et plus particulièrement sur les pages concernant le vol en montagne, je me suis rendu à la triste (!) évidence que je ne me sentais pas encore capable d’oser jeter un planeur, disons de taille respectable, dans le vide ! Bien sûr, les petits modèles, pas d’inquiétude, mais pour les grandes plumes, c’est un autre problème !

Deux solutions pour remédier à cela : greffer un moteur électrique (qui est une solution tout à fait respectable et que je pratique également) et / ou … affiner son pilotage pour acquérir de l’assurance et être plus performant dans la recherche des courants ascendants, en particulier des thermiques (je mets de côté le vol en dynamique).

N’ayant pas l’occasion d’avoir toujours un super pilote à mes côtés, j’ai cherché du côté des aides « électroniques » et en suis arrivé assez rapidement à une aide bien connue des vélivoles « grandeur » : le variomètre. Une recherche sur Internet et parmi les colistiers de la liste Planet Soaring m’a conduit assez rapidement vers le modèle proposé par la société polonaise PitLab : le SkyAssistant.  Je prends rapidement contact par mail avec cette société pour avoir plus d’informations sur ce variomètre avant de choisir, car l’investissement n’est pas particulièrement négligeable et je veux être sûr de faire le bon choix, d’autres modèles existant déjà sur le marché...

A noter que Piotrek, le patron de Pitlab, a toujours répondu rapidement à toutes mes questions (les échanges se sont faits en anglais), même celle du style « pourquoi prendrai-je votre modèle plutôt que celui d’un concurrent » ! Je me suis finalement décidé pour le modèle présentant la possibilité d’ajouter par la suite une sonde à énergie totale. Cette sonde n’est pas (encore) proposée par PitLab, car les essais sont toujours en cours. Mais la sonde du Piccolario, par exemple, peut être utilisée et il est toujours possible de construire sa propre sonde. Un article déjà très complet existant sur le SkyAssistant et sur une sonde à énergie totale adaptée (voir le site  http://voiletech.free.fr/sectionmodelismenaval.htm), je ne vais pas faire doublon, mais simplement présenter ma petite expérience basée sur maintenant presqu’un an d’utilisation sur deux planeurs : un LS7 de Multiplex (planeur pur de 3m30 d’envergure) et un DG1000 de RC Model (motoplaneur à pylône rétractable de 2m d’envergure). Ne pesant que 22g et n’étant pas trop encombrant (70 x 26 x 10mm), le  SkyAssistant trouve sa place sans problème même dans des fuselages étroits ou bien remplis comme celui des motoplaneurs. Il faut juste avoir une voie libre sur le récepteur pour pouvoir le brancher.

Figure 1 – Montage du SkyAssistant dans le LS7

Des tests de portée ont été réalisés sans aucun problème sur les deux configurations testées (récepteur à quartz en 41MHz et récepteur à synthèse de fréquence en 40MHz). Aucune perturbation constatée quelque soit la configuration de vol (haut et loin ou … sous l’horizon – hé oui, ça arrive quand même, malgré la présence du vario !).

Le premier vol a été réalisé en plaine, sur le LS7 au remorquage, sur le magnifique terrain de Vinon sur Verdon, par une journée présentant des conditions assez sympathiques : peu de vent, ciel bleu, température surprenante pour la saison et jolis cumulus. D’ailleurs, les planeurs « grandeur » s’en donnaient à cœur joie !

Figure 2 – LS7 prêt au décollage !

Après réglage du récepteur permettant d’entendre le signal du variomètre embarqué et préparation du planeur, il est temps de décoller. J’ai choisi comme configuration d’avoir en permanence le son du variomètre et, à la demande, la tension de la batterie de réception et l’altitude. Le choix se fait grâce à un interrupteur 3 positions :

  1. position centrale : fonctionnement standard du variomètre avec indication sonore du taux de montée / de descente, complétée lorsque requis des alertes ou des variations d’altitude, de tension significatives (au-dessus d’un seuil défini par l’utilisateur),
  2. position haute : annonce de l’altitude (pour ma part, j’ai couplé  cela avec la commande de largage, ce qui me permet de connaitre en instantané l’altitude de largage !),
  3. position basse : annonce de la tension d’alimentation du récepteur.

Ce premier vol a été relativement bref, mais a justifié l’achat de SkyAssistant par les enseignements que j’ai pu tirer de mon vol. Sur le graphe ci-dessous, nous retrouvons le vol complet. Figure 3 – Exemple de tracés issus d’un enregistrement en vol (LS7)

 

La phase de remorquage est très nettement visible avec un taux de montée maximum de 4,7m/s, pour une hauteur de largage de presque 130m. Cette phase a malheureusement été suivie immédiatement d’une chute de près de 30m avec un taux de chute tout à fait intéressant (!) de 4,9m/s : ça commence bien ! Nous dirons que je n’avais pas fait de remorquage depuis trop longtemps…

 Et ensuite, reprise d’altitude grâce à un thermique malheureusement exploité de manière un peu « désordonnée » : la première phase est probablement en bordure de la zone ascendante (cf. l’oscillation du taux de vitesse verticale), avant de parvenir enfin à centrer le thermique. Le taux de montée est plus stabilisé et le gain en altitude est beaucoup plus franc et continu. Ces informations sont disponibles de manière audible lors du vol grâce au son généré par le variomètre : son intermittent de plus en plus aigu lorsque le planeur monte, son continu de plus en plus grave lorsque le planeur descend. Par ailleurs, en fonction de la configuration retenue pour le variomètre, il est possible d’être averti des gains d’altitude réalisés lorsqu’il dépasse un certain seuil (+20m dans mon cas). L’arrêt à 160m est le résultat de l’alerte programmée sur le SkyAssistant m’avertissant du dépassement de la hauteur autorisée des 150m.

Première observation : le variomètre m’a permis de centrer plus correctement l’ascendance, ce qui répond à un de mes objectifs qui était d’apprendre à mieux gérer la prise des thermiques (j’imagine tout à fait qu’un bon pilote aurait obtenu le même résultat sans variomètre).

Deuxième observation : les alertes pré-programmées sont utiles et efficaces, car lorsque l’alerte des 150m a retenti, j’étais bien incapable d’évaluer la hauteur atteinte. Etant sur une plate-forme commune avec les planeurs « grandeur », il était d’autant plus important de respecter les consignes ! Le vol s’est poursuivi avec la prise de thermiques plus ou moins marqués et avec plus ou moins de succès, mais pour un premier vol avec le SkyAssistant, j’étais satisfait de ma dernière acquisition !

Troisième observation : avoir accès en vol à l’information sur la tension d’alimentation du récepteur est très « rassurant » et procure un confort bien agréable. Il est certain que sur un vol de 10min, j’avais peu de risques d’avoir des soucis (surtout avec une double alimentation), mais sur des vols plus longs, l’information peut éviter bien des problèmes !

Depuis ce premier vol, j’ai réalisé d’autres essais, en particulier sur le DG1000. Encore une fois, aucun problème pour installer le variomètre, même si la place est plus comptée.

Figure 4 – Installation du SkyAssistant dans le DG1000

Voilà le résultat d’un vol où les thermiques étaient de la partie (mais pas toujours à l’endroit et / ou au moment attendu(s) !) :

 

Figure 6 – le DG1000 après un beau vol dans les Alpilles
En conclusion, comme vous avez pu le comprendre, je suis très satisfait du SkyAssistant. Et même si je n’ai pas encore eu l’occasion de le tester dans son utilisation visée (vol thermique en montagne), j’améliore mon pilotage,  ma compréhension de l’aérologie, je garde un « souvenir » de mes vols et… je prends toujours autant de plaisir à voler, ce qui reste quand même mon principal objectif quand je pilote ! A ce jour, j’ai utilisé le SkyAssistant sans sonde à énergie totale. La prochaine étape sera probablement la construction et les essais d’une sonde à énergie totale, ce qui permettra d’avoir une lecture encore meilleure de l’aérologie.

Pascal

 La montagne : le paradis des planeurs ! 

Ah si j'avais un vario...

  

Figure 3 - Enregistrement du vol du  LS7 

En vert : la hauteur (la référence étant l’altitude du lieu => hauteur =  0m) en mètres. A noter que la précision du 0 est d’autant meilleure que le variomètre reste immobile au sol pendant l’initialisation.

En jaune : la tension d’alimentation du récepteur en volts.

En bleu foncé: la température mesurée par le capteur externe du SkyAssistant (dans ce cas précis, le capteur était situé à l’intérieur du fuselage) en degrés Celsius.

En violet : la température interne du SkyAssistant en degrés Celsius.

En blanc : pourcentage de coupure du signal de réception de la radio.

En gris : en milli-secondes
En rouge / bleu clair : le taux de montée / de chute en mètres par seconde.

En bleu : la variation de température en fonction de l’altitude en degrés Celsius (le nuage de points correspond aux mesures, la droite à la droite de tendance)

 

 Figure 5 - Exemple de tracés issus d’un enregistrement en vol (DG1000). Les « montées » entourées en rouge correspondent aux montées avec moteur : le SkyAssistant permet alors de connaitre le taux de montée au moteur, ce qui pourra servir à optimiser une propulsion. Le capteur de pression était situé cette fois hors du planeur et a permis d’avoir une idée de l’état de l’atmosphère : décroissance régulière de la température en fonction de l’altitude comme sur l’exemple présenté ci-dessus (-1°C par 100m), inversion thermique ou autre.

 

 Commentaires des GPR...

Merci Pascal pour avoir transmis ton expérience sur cette aide au télépilotage qui pour toi contribue à mieux comprendre l'aérologie. En effet ces informations sont comparables à celles d'un ballon sonde et des valeurs mesurées seront toujours préférables à celles d'une estimation "pifométrique". Pour acquérir ce fameux flair des thermiques, il faut beaucoup voler et cela prend du temps, beaucoup de temps ! Nul doute qu'avec le vario tu vas avancer rapidement dans ta connaissance et tu trouveras la confiance qui te manque aujourd'hui pour mettre "au trou" un grand planeur. Un autre point à signaler en vol de plaine, c'est l'aide qu'apporte le vario lorsque nous sommes proches de la verticale. En effet, il est généralement très difficile d'exploiter des thermiques surtout lorsqu'ils sont faibles au-dessus de nos têtes, c'est pourquoi je recommandais toujours de partir voler sur l'horizon pour apprécier plus facilement le comportement du planeur.

 Et avec le vario on découvre un grand nombre de possibilités juste au-dessus de nos têtes que l'on ne soupçonnait pas !

Les adeptes du vario sont encore plus exigeants car ils ne conçoivent le vario qu'à énergie totale (somme de l'énergie potentielle et de l'énergie cinétique). Ce vario exclu tous les effets de manche et donne une information rigoureuse de la masse d'air traversée qu'elle que soit la vitesse du planeur à condition toutefois que la prise d'antenne de compensation soit hors perturbation (haut de la dérive et 60 cm devant sur planeur réel). Cela dit pour ne pas être trahi par ton vario,  il suffit de voler en régime stabilisé et exclure toutes les données lorsque tu transites ou bien accélères.

GR

Et après de longues minutes de doute, le planeur remonte et se rapproche de la pente pour rassurer son pilote car ce dernier croit toujours - en toutes circonstances - aux vertus  du vol de pente dynamique. Mais souvent c'est meilleur devant et le vario pourra vous le confirmer.  GR

Concernant le vario à énergie totale, il vous permettra de transiter à grande vitesse en ayant la valeur du Vz traversé. Profitant de votre énergie cinétique excédentaire, vous pourrez alors convertir cette énergie en altitude avec l'aide des Vz positifs du thermique en réalisant une spirale montante au cœur thermique. Et là je vous le garantis, c'est le pied !  GR

Cet excédant de vitesse procurera une grande efficacité des gouvernes qui sera mise à profit pour bien centrer le planeur sans être éjecté du thermique. Ce qui arrive souvent lorsque les Vz sont élevés et tourmentés...

Vario ou pas vario, pour bien monter le planeur devra être parfaitement centré dans les deux sens du terme !

De nombreuses heures de travail pour réaliser un GPR justifient bien l'acquisition d'un vario pour lui éviter une "vache" toujours délicate en montagne et...

... pouvoir voler en sécurité dans des sites de vol grandioses comme celui-ci.  GR