Le CM7 de Maurice....

  Page publiée le 24 novembre 2018 et actualisée le 06 décembre 2018

 

CM7 -JCC

 CM7-ML

 

Bonsoir Gégé.

Super temps cet après-midi à Llupia, petite brise de sud-est, et même une belle pompe qui m'a permis de reprendre une centaine de mètres. Le premier vol a été pénible. Le planeur a un V très important (5.5°) et j'ai du pousser le trim à piquer à fond. Il était encore trop cabreur. Pour les autres vols, j'ai compensé avec le subtrim. J'ai augmenté aussi le débattement à piquer. C'était beaucoup mieux mais très chatouilleux à la profondeur. J'ai ainsi pu faire 4 vols de plus. Reste donc à diminuer le V longitudinal et je pense que ce planeur aura de très bonnes caractéristiques de vol.

Momo (le 24 nov 2018)

J'ai donc réussi à supprimer 3° au calage du stab (ça n'a pas été simple). Je suis allé l'essayer cet après-midi : que du bonheur ! J'avais laissé le centrage à 90mm et après les vols de cet après-midi je vais le reculer à 100mm. Voilà, tout se passe bien. Premier vol, 20minutes ! Porte toi bien.

Momo (le 05 dec 2018)

 Sur fond de Canigou le CM7 de Maurice réalisé par Jacques Papaix

 

 

 

 Le CM7 F-CAFE à l'atterrissage à Llupia ce samedi 24 novembre 2018 après avoir été remorqué par Jeannot L.

 A l'époque il ressemblait à ceci  : clic

 Pour comprendre ce qu'a dit Momo ... Pour les débutants : le fait de mettre toute la capacité de trim à piquer revient à modifier le Vé longitudinal en le réduisant. Et pourquoi il faut réduire ce vé ? C'est très simple  : c'est l'aile qui décide de son calage par rapport à sa trajectoire pour une vitesse donnée. Vous avez donc le devoir d'obéir à ses besoins que cela vous plaise ou non. Lorsque l'on copie à l'identique les caractéristiques d'un planeur ancien, on copie les calages des plans (ailes et stab). Ces valeurs ne sont pas applicables aux maquettes et loin s'en faut. Une des explications pour comprendre cet écart vient du fait que le concepteur du planeur grandeur tente de concilier- autant que faire se peu - les inévitables variations de centrage du fait des masses variables des pilotes. La marge statique est donc très élevée ce qui permet d'accepter différents centrages au détriment des performances de la machine bien sûr. L'autre point qui focalise beaucoup d'attention c'est le centrage donné par le constructeur. Pour cela il faudrait lire et relire l'excellent livre de" l'histoire des essais en vol" de Louis Bonte dans lequel les industriels du début de l'aviation s'obstinent à penser que seul un centrage avant protège du départ en vrille. Et c'est vrai lorsque l'avion est mal conçu et faux lorsque celui-ci est correctement conçu. Cet état d'esprit perdure toujours aujourd'hui en particulier chez les constructeurs amateurs du fait des normes car chez Airbus, ce sujet me semble-t-il est parfaitement maîtrisé heureusement depuis longtemps. Toutefois le vol 447 qui remonte à 2009 met en lumière la mauvaise adéquation de la compréhension de l'équipage avec les données offertes par les instruments, mais aussi l'erreur humaine car un cap maintenu malgré l'orage cela nous ramène à l'actualité dramatique que vivent tous les français cette semaine du 6 décembre 2018.

Bref, lorsque l'on réduit le Vé, cela a pour conséquence directe de déplacer le centre de poussée vers le CG. D'où la sensation à centrage égal d'avoir  un planeur inconfortable à piloter. Le seul remède : réduire le vé en modifiant le calage (pas facile de modifier le calage de l'aile dans le cas présent) du stabilisateur de 3° (bord d'attaque du stab relevé) et diminuer le lest pour obtenir un centrage avec une marge statique de 4% soit un centrage qui va reculer de plus de 25 mm...Ce n'est pas rien ! Et à partir de là le faire voler à nouveau en considérant qu'on peut encore l'améliorer car ce n'est que la première ébauche des réglages car 2% de marge statique devrait permettre d'approcher le bon et définitif réglage.  

 Ici on aperçoit bien les AF à volets qui sur le grandeur n'étaient pas très efficaces et surtout que l'on ne pouvait rentrer si on dépassait les 85 km/h...Ici tout semble se passer très bien et le CM7 va se poser comme une fleur dans les mains habiles de Maurice

 Cette image apaisante peut nous paraître irréaliste comparée à celles en provenance des Champs Elysées au même instant.

 Vous noterez le dièdre du stabilisateur que l'on retrouve sur nombre d'avions de ligne d'aujourd'hui

 J'aimerais bien le voir voler une fois aux Alpilles pour faire connaître cet illustre planeur à nos jeunes vélivoles

Et je ne peux m'empêcher de penser à Marinette et Mathé pour leur record de durée le 16 janvier 1954 soit 38h11mn là-haut dans le mistral et le froid avec un CM7 n°1.

Pour les plus curieux les dimensions du planeur réalisé selon les plans du constructeur par Jacques Papaix que je salue. Sa masse 7600g soit une charge alaire de 55g/dm² ce qui en fait un excellent voilier.