Voler en montagne...

  Page publiée le 14 juin 2008 et actualisée le 19 mai 2016

 

 

 

 

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  La montagne : le paradis du planeur !

 

Voler en montagne avec un planeur radiocommandé est probablement le lieu procurant le plus de plaisir et de sensations !

 Toutefois survoler ces reliefs majestueux implique une adaptation  au milieu basée sur l'observation permanente et attentive du temps. Plus précisément formulé :"il s'agit de bien sentir et comprendre l'aérologie locale" car si les ressources naturelles sont abondantes, il est parfois difficile d'échapper aux inversions de tendance parfois brutales. C'est en effet le cas lorsqu'un orage menace ou bien lorsque les nuages viennent à monter spontanément du fond de la vallée et vous enveloppent. Les pièges sont nombreux et les sanctions parfois sévères.  

La descente "au trou" et l' atterrissage au fond de la vallée, sont les conséquences les plus sympathiques comparées à une perte d'un planeur dans une falaise inaccessible. Pour éviter ces désagréments et savourer pleinement le vol en montagne, la sagesse commande d'acquérir progressivement de l'expérience pour prendre les bonnes décisions en fonction de ses capacités et de celles de son planeur.

Toutefois, pour apprécier le survol des vallées, des falaises, des glaciers sans trop d'inquiétude et de risques pour le matériel, il est préférable d'être pilote aguerri. Et tout le monde - sans exception - est capable  d'y parvenir avec un peu de persévérance dans le pilotage du planeur RC.

GR 

 

 

 

Les pièges en montagne... 

 Il fait beau, le soleil brille, une petite brise montante assure la portance pour tous sans exception : "Pas compliqué la montagne ! J'y vais !"

Première remarque :

La montagne est versatile pour mille raisons car les échanges thermiques entre le bas de la vallée et les nuages qui se forment sur les sommets sont permanents. Cette versatilité la rend complexe à comprendre pour le néophyte. Nous allons tenter de commenter quelques phénomènes sans être exhaustif toutefois  pour vous donner l'envie de voler en montagne sans trop la redouter. J'invite les professionnels de l'aérologie à s'exprimer sur le sujet soit pour me corriger ou bien compléter ce qui a été dit. Pour ma part, je ne fais que transmettre ce que je crois avoir compris de ces phénomènes - qui n'en sont pas - afin de voler en comprenant ce qui se passe sous nos pieds et sur nos têtes. Oui car en montagne il se passe toujours quelque chose !

 

 

 Vent ou brise ?  

Un sujet qui me tient à cœur est celui-ci : ne pas confondre le vent et la brise.

En effet, le vent est associé à des rééquilibrages de pressions lors des passages des perturbations et les brises ce sont des phénomènes de rééquilibrage aussi  - mais plus intimes liés au lieu (bord de mer) ou bien de convection en montagne lié à l'aérologie (brise de vallée, brise de pente montante ou bien descendante). A météo égale, les phénomènes des brises se reproduisent et sont assez fidèles si rien ne vient les déranger comme l'arrivée d'une perturbation ou bien un orage. La naissance des brises est presque programmable à l'heure près, les vents eux peuvent souffler jour et nuit comme le Mistral en Provence. Et tout ça pour aller combler cette sacrée dépression du Golf de Gênes. Ne me demandez pas pourquoi cette dépression est toujours là dans ce beau coin de Méditerranée. La montagne de Ligure exercerait-elle une sorte de barrage qui bloquerait  l'écoulement d'Ouest en Est ? Aller savoir...

 

 

Planeuriste montagnard regagnant les hauts alpages. Vêtements chauds, de l'eau et des biscuits, de bonnes chaussures pour la montagne, des lunettes de soleil et les jumelles. Ne pas oublier l'antenne et les quartz. Finie cette angoisse en 2.4Ghz !

 

 

 

Curiosité utile...

 

Pourquoi ça porte ?

 

Comprendre les phénomènes aérologiques locaux, c'est faciliter vos analyses lors de recherches d'ascendances en cas de besoins. Et généralement il faut faire vite. Donc votre attention et surtout votre curiosité devront être toujours en éveil. Un plaisir de plus à gérer simultanément avec le vol ! C'est ainsi que je comprends la chose car il ne s'agit pas de vous assommer de connaissances pour faire voler un planeur qu'il soit grand ou bien petit.

 

 

 

 

Pourquoi ça ne porte plus ?

Savoir déceler la présence d'une inversion de température est aussi très utile car il vous arrivera en montagne de subir ce désagrément. En effet le soleil brille, il fait très chaud, voire trop chaud et le planeur peine à se maintenir. Curieusement un voile blanchâtre s'est installé à mi-hauteur dans la vallée. Les ascendances sont rares et de courtes durées, les mouches viennent vous tourner autour... pas bon signe ! C'est l'inversion de température souvent présente en août en montagne et plus fréquemment à l'automne et cela à la montagne comme en plaine.

Alors que faire si vous volez sur les derniers pâturages à 2000 mètres ?

Et bien vous faire bronzer et vous transformer en contemplatif ou bien aller voler sur une pente beaucoup plus bas. Cette inversion bloque toute particule d'air montante à un certain niveau (variable), il faut donc passer dessous ce plafond. Autre solution : monter plus haut si le lieu le permet, mais là rien n'est garanti.

Lorsque le temps est favorable, l'énergie en montagne pour nos planeurs est surabondante. Toutefois cette même énergie peut s'inverser brutalement pour différentes causes. En particulier par ciel de traîne très perturbé avec thermiques violents et descendances de même qualité. A ce sujet il arrive parfois d'estimer à tort que l'on est victime d'une panne radio car le planeur ne répond plus. Une fois de plus pas de panique : pousser à fond la profondeur pour sortir du secteur (généralement étroit) en vous dirigeant vers le centre de la vallée et non vers la pente. Erreur classique en pareil cas à ne pas commettre.

Seule la montagne permet d'approcher son planeur des heures durant pour l'entendre respirer, le voir évoluer - avec comme arrière plan - un  décor de rêve...

La descente au trou...

Un épisode que l'on redoute et qui attire...Que l'on provoque aussi !

Voler en observant son planeur sans avoir à lever la tête sera toujours ma position préférée ! C'est ainsi aussi avec l'écran d'un ordinateur ou d'une télévision : la  "pente" d'un regard doit se situer entre 5 et 10° pour ne pas solliciter les cervicales.

Toutefois, le plus grand avantage du vol en montagne c'est le volume d'évolution qui peut doubler par rapport au vol de plaine. "Pas rien" me direz-vous ! En effet un volume d'évolution plus grand permet un plus grand choix de solutions. N'hésitez pas - par exemple - à aller tester un relief voisin à portée d'émetteur par curiosité pour identifier ses particularités et ses ressources qui varient selon les heures. Un jour cette curiosité sera peut-être récompensée pour vous permettre une remontée du trou plus confortable.  

Un planeur est comparable à un ballon sonde avec plus de mobilité. A nous d'enregistrer toutes les données pour notre utilisation personnelle ou bien pour les transmettre à nos collègues s'ils le désirent. Par exemple indiquer aux nouveaux venus sur une pente où se situent la ou les pompes de services.

Le début d'une descente au trou ressemble à ceci. On vole gentiment puis  le planeur -  malgré plusieurs recherches dans des secteurs différents - décide de poursuivre inexorablement sa descente. C'est alors le début d'un combat qui peut durer une heure pour les cas les plus difficiles... Ici à la Croix des Chaux (altitude 2000m) la zone prévue d'atterrissage (entre les tennis et le pilote) est éloignée (photo fortement zoomée) et l'aide d'une personne (à gauche) avec des jumelles est souhaitable. Ce dernier devra savoir interpréter les distances car les jumelles par l'effet de zoom fausse sérieusement cette évaluation. L'indicateur le plus fiable : l'ombre du planeur au sol. Une ombre est visible lorsque le planeur est à moins de 50m du sol. Mais parfois le soleil a disparu...

Premier conseil : tenter de ne pas dégrader son pilotage en maîtrisant son stress. Pour les vélivoles reconvertis au planeur RC se dire : "Je ne suis pas dedans, ma vie n'est pas en danger -keep cool...". Pour les autres, respirer profondément et concentrez-vous, c'est le moment ! Pour cela la règle est le silence de tous les collègues de jeu. Toutefois l'aide d'un pilote expérimenté à ses cotés est souhaitable : il pourra observer - mieux que vous le feriez les alentours - pour déceler par exemple une buse entrain de spiraler, ou bien le planeur d'un collègue ayant trouvé l'ascendance. Seul lui et l'homme aux jumelles pourront s'exprimer brièvement sans vous déconcentrer.

Il vous arrivera de perdre de vue le planeur : pas de panique ! l'aide aux jumelles le suit et vous rassurera. Une meilleure position angulaire ou bien un meilleur éclairage et contraste puis le revoilà...Tout ceci c'est du stress à gérer et parfois la sueur coule abondamment...

 

Stéphane règle les jumelles à sa vue car nous ne sommes qu'au début de l'épisode "Descente au trou".  

Jusqu'au posé, il faudra tenter la remontée mais plus on tardera et plus ce sera difficile. Donc si vous êtes débutant ne pas attendre que la situation soit désespérée pour demander de l'aide et donner votre émetteur à plus expérimenté.

Ci-contre la récupération du SB10 après une descente au trou non loin des tennis. L'observation des joueurs de tennis aux jumelles suivant du regard  l'évolution du planeur fut un indicateur précieux pour évaluer la véritable position de ce dernier par rapport au tennis - donc à la zone d'atterrissage choisie.

 Remarque : ne pas sortir les AF en remontant un terrain en pente.

Ne pas tenter d'arrondi lorsque le planeur est à peine visible : laisser faire et corriger l'inclinaison si nécessaire.  

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 Effet d'optique trompeur...

On imagine toujours le planeur plus loin qu'il ne l'est : Pourquoi ?

Explication le  croquis ci-dessous : le pilote voit son planeur survoler le champ pour un atterrissage confortable en réalité il survole la zone rocheuse. L'ombre du planeur sera alors un bon indicateur de position.

Selon le lieu, l'atterrissage en bas de la pente est un exercice parfois délicat. Un aide avec des jumelles est un atout précieux à la condition que ce dernier soit un pilote confirmé et conscient des effets d'optique faussant l'estimation de la zone survolée. Se reporter au croquis ci-dessus  pour comprendre les pièges à éviter. Lorsque l'on débute, il est préférable d'attendre le contact avec le sol en décrivant de larges spirales, donc à faible inclinaison, tout en se rapprochant du champ choisi. L'ombre visible du planeur sur le sol est un indicateur précieux pour estimer l'altitude restante lors de la phase finale.

 Les faces à l'ombre ne sont exploitables que si le vent ou une brise de vallée montante permet le vol de pente dynamique. C'est le cas ici le Pilatus vole coté ombre, face nord dans un petit zéro qui permet de tenir mais pas plus. La face sud moins pentue et d'un albédo différent (pâturages) n'a jamais pu prendre la relève malgré sa bonne exposition.  

 Fin de  journée, les ressources thermiques diminuent. Toutefois la restitution s'installe et la masse d'air se compare à de l'huile. L'absence de turbulence permet un pilotage fin : juste l'ordre utile et pas plus pour se maintenir ou parvenir à monter doucement.    

Bon c'est l'heure d'aller se rafraîchir sur la terrasse des Chaux, et merci Marcel pour cette belle journée ! Je vous promets de revenir sur le sujet car il est inépuisable.   GR