Le  Vol Thermique

                                                                        de Relief...

  Page publiée le 18 novembre 2008 et actualisée le 26 juin 2011

VDP

VTR

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Le VTR : Pour voler sur le relief sans l'aide du vent...

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E-mail en provenance de Suisse du 25 juin 2011

Bonjour Gérard,

En vol de pente, est-il normal de descendre régulièrement au trou, je ne dis pas poser au trou, mais y descendre puis en sortir après une bataille acharnée avec les éléments ? En tout cas cette année, à part un dimanche il y a quinze jours, toutes mes sorties se sont soldées par ces moments d'intense concentration et aussi de plaisir si l'on arrive à retrouver l'horizon.

Encore aujourd'hui, trois vols et trois descentes dans les ténèbres des alpages suivies de trois remontées dans la clarté du ciel bleu (ndlr comme c'est bien dit). Mais quand même, est-il normal de vivre régulièrement ces moments ou est-ce comme on me le dit sur la pente, que je suis un peu casse-cou ? Le suis-je vraiment ? ou alors est-ce d'avoir lu tes lignes sur les gpr, qui me poussent dès que je suis en-dessous de l'horizon, plutôt qu'à rentrer en vitesse me poser dès que la portance faiblit, à plonger au contraire chercher la bulle au large avec le bonheur, après une belle remontée nettement au- dessus des autres, de pouvoir dire comme aujourd'hui : "Je suis le maitre du ciel ..."

A bientôt et bons vols,

Marco.

Un sujet d'actualité pour ce premier jour d'été Marco et qui vient nous rappeler toutes les possibilités qui nous sont offertes lorsque l'on vole en montagne.

Alors pas de panique si votre planeur descend en-dessous de la ligne d'horizon, qu'il fait beau et qu'un orage ne gronde pas dans votre dos !

Tous les conditions pour remonter sont à votre disposition ! mais l'essentiel se passe dans la tête : il faut ne pas douter et donc y croire ! Certains qualifieront cela comme de l'audace, mais c'est tout simplement de la pratique du vol à voile qu'il soit "grand" ou bien RC.

Dernier rappel, ne pas s'éterniser dans la descendance mais sans perdre une seconde  - transiter proprement - ce qui veut dire - voler plus vite - en conservant une trajectoire tendue.

Pourquoi ?

Et  bien c'est le seul moyen ( si vous n'avez pas de vario) d'apprécier la masse d'air traversée et en pratiquant de la sorte vous décèlerez les ascendances sans avoir vu le planeur monter mais accélérer. Et vos amis comprendront encore moins comment vous pouvez savoir que dans ce secteur il y avait une ascendance...

Dernier point, l'excès de vitesse sera mis à profit pour entamer dans l'ascendance supposée, une spirale ascendante du plus bel effet...

C'est tout pour aujourd'hui !

Bons vols d'été à tous ! Régalez-vous !  Gégé

 

 

Le vol de pente (VDP) suppose - dans notre jargon - que l'on vole en haut d'une pente avec un vent ou une brise suffisante pour maintenir le planeur en l'air. Pour cela le vent doit être bien orienté par rapport à la pente, on dénomme ce type de vol "le vol dynamique" car on profite de l'énergie du vent qui doit sauter l'obstacle. Il faut bien reconnaître  qu'à la longue, ce type de vol - un peu trop facile - finit par lasser excepté pour ceux qui pratiquent la voltige. Pour retrouver du plaisir et des sensations fortes, l'exploration d'un autre type de vol en montagne s'est donc imposée.

Pourquoi alors ne pas voler sans l'aide du vent à partir d'un relief ?

Cela consiste à voler en thermique pur, parfois en thermo-dynamique, à partir d'un relief. Dans ce cas précis, seule compte l'orientation du relief par rapport au soleil. On oublie l'orientation du vent pour préférer celle du soleil. Inutile donc de chercher un long tremplin, un piton pourrait faire l'affaire pour peu qu'une zone soit propice à l'atterrissage. En pratique, il faut bien admettre que si le vent fait parfois défaut, il lui arrive de se lever sans prévenir, il est donc préférable de prendre en compte cette éventualité. Généralement on vole sur sa pente habituelle et si le vent vient à disparaître, on tente de poursuivre le vol avec les techniques spécifiques au VTR. C'est donc de cette spécificité que nous allons bavarder pour vous convaincre d'essayer un jour en connaissance de cause. Et vous serez très surpris d'éprouver d'autres sensations qui vous feront oublier une certaine lassitude naissante...

GR

Ci-contre, l'illustration accompagnant l'article sur le VTR rédigé par votre serviteur pour Modèle Magazine.

 

Ici au-dessus de Taveyanne (Suisse) une remontée tranquille car le risque de perte est faible grace aux grands pâturages au bas de la pente.  A l'attitude du pilote, vous remarquerez qu'il est beaucoup plus confortable d'avoir le regard orienté vers le bas, plutôt que dirigé en permanence vers le haut comme c'est toujours le cas en vol de plaine. De ce fait il est possible de voler deux à trois heures durant dans l'après-midi sans ressentir la moindre fatigue pour ses cervicales !     Photo MB

La pratique régulière du VTR exige un  nouvel apprentissage visuel de son planeur pour être capable d'interpréter sa pente donc sa vitesse. Le planeur est vu par dessus alors qu'habituellement il est vu par dessous. Pour cela il est bon de s'entraîner sans risque en vol de pente alors que le vent souffle régulièrement. Vous découvrirez en même temps le plaisir de remonter votre planeur avec toute la puissance du vol dynamique.

Ici, du  coté de Saanen (Suisse) l'Alpina évolue en toute sécurité car les  thermiques sont toujours très actifs malgré de longs moments d'extinction.  Le "thermique" est un phénomène cyclique, il faut lui  laisser le temps de refaire le plein d'énergie pour ensuite la restituer.  

Voler sur le relief sans l'aide du vent est la forme la plus aboutie en matière de planeur RC. Cette pratique très prisée des "anciens" ne galvaude pas le qualificatif de "vol à voile". En effet  pour se maintenir durablement en l'air cela implique une recherche permanente des ascendances. Recherche qui doit être rapide suivie d'une exploitation efficace de l'ascendance. Dans le cas contraire la sanction ne se fait pas attendre : c'est alors  la descente au trou ou bien  l'atterrissage forcé un peu plus bas avant que la situation ne se dégrade trop comme le montre les cinq photos suivantes prises à Mascourbe (Aveyron)...Cette série de photos illustrent bien la pratique du vol thermique de relief (VTR). Cette technique consiste à voler sur la face exposée au soleil d'un massif lorsque le vent est absent mais les ascendances thermiques bien présentes...du moins on doit l'espérer ! Ce type de vol est - pour l'esprit - le plus proche du vol à voile car à ce jeu nous devons gérer l'inévitable stress dû à l'incertitude du vol car généralement ça descend plus vite que ça ne monte. Mais quel plaisir lorsque après de longues minutes passées en bas, le planeur parvient enfin dans le bleu du ciel en décrivant une belle spirale ascendante et que vous vous préparer à atterrir à deux pas de vous !

Sur cette pente le dénivelé est d'environ 350 mètres, les blés sont moissonnés : c'est la saison idéale. Ici le planeur est difficile à localiser... Pas de panique :  patienter quelques secondes et il redeviendra visible ! Surveiller l'ombre : un bon indicateur de position et d'altitude, mais il faut du soleil !

Le K6e est bas, très bas... Il spirale sur le champ en limite des bois qui l'entoure. Le contraste des couleurs facilite le suivi du planeur. Pour l'extrados, le blanc est la couleur qui convient. La technique la plus sûre pour atterrir dans de petits champs est le survol en spirale stabilisée en surveillant à l'aide de jumelles l'ombre du planeur sur le sol en attendant sagement le contact avec le sol. Il est possible de tenter une courte finale face au vent si vous êtes sûr de votre altitude, AF sortis. Mais attention à bien évaluer l'inclinaison du champ avant de choisir le sens d'atterrissage. Le plus sûr avant de voler dans un lieu inconnu : aller visiter le bas de la pente afin de bien enregistrer la topographie des lieux.

Être très concentré car la moindre information doit être prise en compte. Donc pas de bavard à vos cotés et des infos données très brièvement par une seule personne compétente !

Toujours délicat d'évaluer la hauteur et la position réelle du planeur par rapport aux obstacles, aux arbres... Attention les jumelles écrasent et rapprochent les plans. Le champ bordé d'arbres piège l'air qui s'échauffe et c'est l'ascendance tant attendue...

Puis le planeur grossi ! grossi ! c'est la preuve qu'il monte... Il faut suivre l'orientation du thermique et ne plus le perdre. Pour cela ne pas se déconcentrer car il arrive de redescendre et tout le travail est à refaire... 

Heureux et satisfait Thierry (à gauche) d'avoir pu sauver le planeur tout neuf de Marc et surtout d'avoir démontrer les possibilités en VTR de la pente de Mascourbe. La séance de vol de Thierry et Marc est un bon exemple de remontée du trou avec un planeur très voilier: le K6E de Multiplex. Merci à tous les deux et Luc pour nous avoir transmis ces belles images. Vol du 14 septembre 2003.

Voila ce qui arrive parfois lorsque on a pas pu ou bien pas su trouver l'ascendance salvatrice... A éviter toutefois car il n'est pas certain que le propriétaire du champ apprécierait cette intrusion.

Lui aussi malgré ses qualités voilières est descendu au fond de la vallée. Et il n'est pas toujours évident de trouver le champ qui pourtant de là-haut se voit très bien.

Petit le DG400 malgré son envergure de 6 mètres dans cet environnement de montagnes. En VTR le but du jeu c'est aussi d'occuper le plus d'espace possible. Logique car plus on exploite de zones différentes plus on augmente les chances de trouver la belle ascendance. Il faut parfois aller très loin, à la limite du visuel pour explorer d'autres espaces. Mais à chaque fois toujours songer aux possibilités de replis et ne pas se mettre en grande difficulté sous prétexte d'aller chercher trop loin l'ascendance.  

Observer son planeur par le dessus ne manque pas de charme. Ici l'ASK21 de Marcel explorant la pente pour tenter de remonter.

Mais cette fois-ci le 21 du se poser un peu plus bas après une belle bagarre de plus d'une demi-heure.

Lorsque les ascendances sont bien installées, il est alors très agréable de pratiquer  la voltige dans un air sans vent qui ne dévie pas les trajectoires. Ici le 15 de Pierre sur la pente  de l'Alpe à Corps.

Ici à la Croix des chaux, (Suisse) le vent on ne connaît pas. Dans le meilleur des cas on attend la brise de pente pour voler  ou tout au moins quelques petites pulsations venant du bas de la vallée. On vole donc sur les faces exposées au soleil, en  prenant le pari que dans tout cet espace exploitable, il serait bien surprenant de ne rien trouver... A ce jeu l'ASK 21 de Marcel est difficile à battre, mais surtout n'aller pas croire que cela vient exclusivement des qualités voilières du planeur: le pilote y contribue à 80 % pas moins !  

Le K8b de Martin dans son élément sur la face sud-ouest la plus propice en fin de journée d'été. Les brises perdent peu à peu leur puissance pour laisser place  à un air  très particulier car non turbulent que l'on dénomme "la restitution" ou pour faire plus court dans notre jargon "la restit" . Bref, c'est un moment privilégié qui permet de voler en VTR - donc sans vent - un peu partout sans avoir à se soucier de trouver une ascendance. La règle à respecter toutefois en pareil cas, car si ça monte partout les Vz sont faibles : utiliser les gouvernes le moins possible et surtout avec une grande douceur. Chaque ordre donné c'est de la traînée supplémentaire.

Ici le Zugvogel de Louis spiralant confortablement dans une ascendance généreuse du coté de la Banne d'Ordanche. Un lieu où le vent n'est pas toujours présent mais qu'à cela ne tienne, le VTR est là  pour poursuivre le vol et accroître  encore plus le plaisir de piloter ces merveilleuses  machines planantes.

Ici le relief est très tourmenté et la complexité des écoulements ne permettent pas d'assurer un certain confort que procure le vol de pente classique. Les joies et les angoisses du VTR sont alors la règle que l'on accepte volontiers lorsque l'on a bien compris l'aérologie du lieu.  Photo MM

Ici le K8b de Martin exploite un thermique produit par un éboulis très abrupt. Les pierres ont  emmagasiné beaucoup d'énergie durant la  journée, et bien qu'à l'ombre en fin de journée le thermique trouve son énergie dans une grande surface de pierres qui se comporte comme un radiateur à convection. La surface projetée de l'éboulis génère alors un thermique  étroit avec de bons Vz.

  Ici le thermique vient de loin donc plus large : généralement il prend naissance dans les zones abritées du vent ou des brises. C'est pourquoi on trouve des thermiques plus puissants sous le vent d'une pente que du coté au vent. Pour que l'air s'échauffe il faut le piéger d'où l'intérêt de voler sur des zones accidentées bien exposées au soleil.

 

Sur fond de Diablerets, l'Alpina exploite le thermique de l'éboulis. Les remous du thermique exigent de voler plus vite afin de conserver une bonne maniabilité. La paroi est proche il convient d'être vigilant.

 

Le cumulus prend le relais et les Vz augmentent. Le vol plafonnera à ce niveau car plus haut la puissance du thermique est telle qu'il n'y a plus d'intérêt car une enclume volerait !

 

 

  L'Alpina un excellent planeur pour débuter en VTR après avoir acquis les notions de pilotage en vol de pente ou bien en plaine.

 

 

  Ici l'ASH 25 de Marcel remontant  du trou  après avoir pris l'option d'exécuter des "S " le long de la falaise. Cette option se justifie lorsque la portance est étalée et que l'on a estimé que la spirale est trop proche de la paroi. Et que finalement le meilleur bilan est de réaliser des S en ouvrant toujours vers la vallée. Si possible  réaliser ce 180° dans la zone la plus positive.

 

 

Retour au bercail à la finesse max car parfois le thermique nous éloigne trop du pilote. L'excès de badin permet  en montagne de traverser les zones peu favorables sans s'éterniser...

 

 

En VTR il n'y a pas de limite, mais si toutefois vous souhaitez de plus gros planeurs, votre serviteur recommande de vous inscrire au club de vol à voile le plus proche. Votre apprentissage sera très court et rondement mené !

Par contre si comme ces messieurs, vous êtes un contemplatif ou en passe de le devenir, le VTR dans ces conditions idéales est excellent pour la santé !

 

 

Le bon moyen  d'évaluer  sa vitesse est  de s'assurer que tous les axes réagissent à la moindre sollicitation. En cas de forte descendance, la première impression désagréable c'est cette diminution d'efficacité des gouvernes. Dans ce cas on a pas le choix, il faut très vite accélérer et tant pis si on perd encore de l'altitude car il ne faut jamais s'éterniser dans la "dégueulante" !

 

 

Pour comprendre le site de la Croix des Chaux, voici à l'opposé du beau pâturage montant, la face cachée et le fameux éboulis qui génère de confortables thermiques. Avec un peu d'attention, vous découvrirez dans le fond d'un goulet une aile blanche de planeur. La zone est inaccessible sans équipement de montagne...     Photo GR

 

 

Dans le secteur de Vars, voici le Col de la Coulette parfaitement exposé au sud. Ici le VTR est incontournable et permet de  jolis vols comme celui-ci avec l'Aigoual de votre serviteur. La zone de décollage n'est pas le plateau que l'on peut voir sur la photo, mais de grands et beaux pâturages au bas de cette pente.   A suivre ! car la pratique du VTR est un domaine où votre serviteur serait intarissable... GR  

    Photo GR

 Une descente au trou en Languedoc  

Ici au col de la Salette (Suisse) le Pilatus évolue sur la face Nord à basse vitesse car la portance est très faible (forme de restitution). Il convient de limiter le nombre d'ordres et plutôt que de piloter sans cesse, il est préférable d'accompagner le vol du planeur.    

Les ascendances sont rares et faibles : là aussi il ne faut pas gaspiller les gains d'altitude. Ne pas s'éterniser dans un secteur non porteur, éviter les fortes inclinaisons, éviter les ordres "en butée" afin de ne pas générer de la traînée. Toutes ces précautions ajoutées les unes aux autres, vous permettront de voler alors que les copains hésitent à mettre en l'air leur planeur.

Le long des parois la combinaison des phénomènes thermiques associés aux effets dynamiques du vent contribuent à donner des ascendances parfois très puissantes. La règle en pareil cas est de voler plus vite pour avoir à tout instant une excellente maniabilité. Vous noterez qu'il est difficile d'apprécier la distance entre le relief et le planeur. Donc en cas de doute choisir l'éloignement calculé...

Les nuages (orographiques) se forment et s'accrochent sur la face sud du massif au pieds des Diablerets. Le planeur évolue à la verticale de la crête où la portance est généreuse. Le risque en pareil cas, concerne le pilote qui peut - à tout moment - être enveloppé momentanément par le nuage...

Pratiquer la voltige en air calme et à hauteur des yeux est réservé au vol de pente ou plus exactement dans des conditions qualifiées " VTR".

La pratique du VTR permet de voler le plus souvent le regard dirigé vers le bas, une position beaucoup plus confortable pour les cervicales et votre propre équilibre. A ce sujet il est important de rechercher un emplacement réputé horizontal pour poser vos pieds car dans le cas contraire, il n'est pas facile de conserver un équilibre durable et de plus vos références spatiales ne seront pas altérées !

Le DG 400 de Jacques à l'Alpes près de Corps le 9 août 2008